In bed with/ Julie Fleutot

Depuis le début, Paradisio se veut être plus qu’un studio. C’est un espace qui respire la Méditerranée, qui célèbre les artistes, artisans et créateurs qui nous entourent. Un lieu ou l’art côtoie le mouvement, où la créativité circule librement. Avec notre série d’interviews In bed with/, on plonge dans l’intimité et l’univers de créatifs, artistes, artisans et entrepreneurs qui nous inspirent au quotidien.

Pour ce second épisode, on se glisse dans les draps de Julie FleutotArtiste peintre, 36 ans, marseillaise d’adoption, elle transforme les objets du quotidien en poésie visuelle.

Son univers s’écrit entre lumière du sud, matins lents, mouvement et création. Installée à Marseille depuis cinq ans après avoir vécu entre Paris et Bruxelles, elle a d’abord suivi des études d’art plastique, puis de marketing, et a travaillé dans la communication avant de retourner à la peinture. Ici, le soleil, la lumière et le rythme méditerranéen lui ont donné l’élan de créer à nouveau.

Photo 2 Alexandra Roche

Présente toi: qui est Julie ?

« Je suis artiste peintre. J’ai fait des études d’art, de restauration d’oeuvres d’art et d’art plastique, puis de marketing. J’ai commencé à travailler dans le marketing et la communication, et je continue encore en freelance pour quelques clients. J’ai vécu 13 ans à Bruxelles, un an à Aix pour mes études, puis je suis passée par Paris avant de m’installer à Marseille il y a cinq ans. En arrivant ici, quelque chose s’est ouvert. Le soleil, la lumière, le beau temps… ça m’a naturellement ramenée vers la peinture et donné envie de m’y remettre. Depuis deux ans, c’est devenu mon quotidien.»

Qu’est ce qui t’a amenée à Marseille ?

« Mon cousin breton habitait ici, j’y ai passé deux étés et le deuxième été je n’ai plus voulu repartir. Je viens du Nord mais je suis faite pour vivre ici, je pense que je suis la réincarnation de quelqu’un qui vient du Sud ! J’ai eu envie de changer de rythme, de respirer différemment. J’avais besoin de m’éloigner d’un cadre trop dense. Marseille m’a offert un véritable espace mental. Ici, la lumière est partout, tout est plus brut, plus organique. C’est une ville qui stimule l’imaginaire et donne naturellement envie de créer.»

Qu’est-ce-qui te fait sortir du lit le matin ?

« Le calme du matin. J’aime me réveiller très tôt, avec le soleil, quand la ville dort encore. C’est mon moment préféré. Ce temps suspendu, juste avant que la journée ne commence vraiment. J’aime trainer, boire un, deux cafés, feuilleter un magazine, regarder la vue. C’est un moment rien qu’à moi, et très précieux. »

À quoi ressemble ta journée ?

« Je n’ai pas vraiment de journée type. Mais si je vais à l’atelier, j’aime commencer ma journée par un run tôt le matin. Je m’arrête en général au Catalans sur le retour pour un café, puis je passe prendre une douche et je file à l’atelier à pied, où j’enchaîne les cafés. Je suis très productive le matin et je prends des mini pauses déjeuner car sinon j’ai trop du mal à m’y remettre. »

Quelle est ta routine sportive?

« Je fais du sport trois à quatre fois par semaine. Je cours deux fois par semaine, environ une heure, le matin. C’est mon moment méditatif et ça m’aide à démêler mes idées. De façon générale le mouvement et le cardio me stimulent et m’aident à y voir plus clair. J’alterne avec des cours de Barre chez Paradisio. J’adore les cours d’Inès, hyper fun et dynamique. Pour moi c’est très important de m’amuser et de me dépenser quand je fais du sport. J’aime le côté cardio, punchy et ludique de la Barre. »

C’est quoi une journée réussie pour toi ?

« Me lever tôt, en forme et de bonne humeur. Faire mon sport. Bien travailler, être productive. Terminer la journée simplement, autour d’un apéro entre amis. Et me coucher tôt.»

Comment es-tu arrivée à ta pratique artistique ?

« Avec mes études de restauration d’oeuvres d’art, j’ai appris des techniques anciennes comme la peinture à l’huile, à l’oeuf ou la dorure. J’aime réutiliser ces techniques à ma façon et j’ai l’amour du travail bien fait. J’ai commencé par des toiles assez classiques, en revisitant le thème de la nature morte. Puis j’ai eu envie de varier les supports, peindre sur des pierres, des panneaux de bois. À la manière des décors théâtraux, j’ai eu envie de me débarrasser du fond, peindre des objets que je découpe à la forme et donner vie à des compositions d’objets que j’assemble entre eux, à la frontière entre la peinture, le collage et la sculpture.

Dans mon process de création, je collectionne des images d’objets sur mon ordi, ensuite je détoure les images, puis je fais des collages à la manière des collages dadaïstes, presque absurdes, jusqu’à ce qu’il se passe quelque chose. À partir de là, je fais mon dessin sur le panneau de bois, je découpe, ponce et enfin peint. J’adore découper les formes à la scie sauteuse, c’est satisfaisant et méditatif pour moi, je fais en quelque sorte de la sculpture à la scie sauteuse ! »

Parlons de ton exposition In Loving Memories. Qu’est ce qui t’a inspirée ?

« In Loving Memories est mon premier solo show, et je voulais en faire une véritable déclaration d’amour aux objets à travers la peinture. On a tous une relation différente aux objets, certains ne gardent rien, d’autres accumulent, d’autres achètent pour revendre, ou pour les exposer, qu’ils aient de la valeur ou pas. J’ai traité ces objets de manière surréaliste pour raconter quelque chose de poétique, décalé, presque ludique. Ce sont des objets qui racontent quelque chose pour moi et évoquent souvent des souvenirs chez les autres. Comme ce décapsuleur dauphin qu’une amie m’a offert. Après l’avoir peint, j’ai reçu de nombreux témoignages de personnes me partageant leurs souvenirs avec ce même objet. J’ai aussi voulu travaillé la scénographie qui est très importante pour moi. Le lit au milieu de la pièce rappelle l’intime, comme si je vous invitais dans ma chambre et il amène de la chaleur dans l’espace. J’avais adoré l’exposition de l’artiste Oda Jaune à la galerie Templon à New York il y a deux ans, avec une scénographie incroyable qui nous plongeait dans le royaume utérin de « Miss Understood » avec son lit, sa chaise, son tapis, son réfrigérateur et sa télévision tous moelleux, et de minuscules peintures représentant des yeux vigilants placées autour de son lit. C’est une expo qui continue encore de m’inspirer. »

Si ton lit pouvait parler il dirait quoi ?

« Que je suis gourmande: j’adore manger dans mon lit. »

Des projets à venir ?

« Avec l’aide de mon agence Posterita Art Label, je suis en train d’appliquer mon univers à la photo et la vidéo, avec un shooting surréaliste. Je prépare une expo collective à Paris. Et j’aimerais explorer de nouveaux supports, comme le textile : j’aimerais créer des prints sur des vestes ou des collants. Quand je porte mes peintures, il n’y a que mes jambes qui dépassent, et c’est devenu un gimmick. »

L’interview quickie

Snooze ou debout direct ?
« Debout direct ! »

Matin, midi ou soir ?
« Matin, c’est mon moment. »

Café ou matcha ?
« Cafés au pluriel. »

Reformer ou Barre ?
« Barre. »

Ton cours préféré :
« Barre Sweat. »

Silence ou musique :
« Musique non stop, et tous les styles. »

La phrase qui t’accompagne :
« Ma mère m’a dit un jour cette citation de Michel de Montaigne, qui résonne vraiment en moi: « Ma vie a été pleine de terribles malheurs, dont la plupart ne sont jamais arrivés. » Arrêtons d’imaginer les pires scénarios dans nos têtes ! »

Ton luxe préféré :
« Les premières baignades de l’année à Malmousque. »

Ton signe astro :
« Balance, toujours en quête d’équilibre ! »

Merci à Julie d’avoir été notre deuxième invitée In bed with/ et d’avoir partagé son univers poétique avec nous.

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